dimanche 8 novembre 2015

Les réfugiés à Vieillevigne de 1915 à 1920



LES REFUGIES à VIEILLEVIGNE
DE 1915 à 1920

ARRIVEE  à Vieillevigne le 2 février 1915

·      de 54 belges, répartis en 8 familles, avec 38 enfants, un homme seul ;
Familles Claeys, Pisson, Callewaert, Syoen, Bogaert,  Willaert, Vandervall, de langue flamande.
·      et 8 Français, tous hommes âgés de plus de 43 ans non mobilisés, arrivant du département du Nord et ouvriers du textile, ils ne resteront pas dans la commune

Ils vont être logés dans des maisons vacantes, dans le bourg, louées par la municipalité à cet effet, et meublées gracieusement par les habitants de la commune.

Ils sont visités par l’abbé Brys, vicaire à Reminghe près d’Ypres (Belgique) qui vient prêcher à la Grand Messe, puis par l’abbé Verfailler.


Le 1er décembre 1916,
demeurent dans la commune
·      25 Belges
répartis en 3 familles
(Claeys, Callewaert et Syoen)
·      et 15 Français
répartis en 4 familles
(Merchier, Haize, Binet et Calamel)

  
Le 30 mars 1918
·      17 évacués français s’ajoutent au 23 précédents,
ils sont originaires de la Somme, de l’Oise, de l’Orne,
de l’Aisne, du Nord et du Pas-de-Calais
·      Les Français de Paris ne sont pas considérés
comme réfugiés, 6 personnes.
 

 

jeudi 1 mai 2014

Biographie de Stanislas-Marie Delavauguyon, officier de santé



         Biographie de Stanislas-Marie Delavauguyon, officier de santé.

            Stanislas-Marie Delavauguyon le quatrième et dernier fils du notaire Luc-Antoine-Valentin et de Magdelaine Héroux, choisit comme son frère aîné la carrière de chirurgien. Il naît le 25 septembre 1795 à Vieillevigne (Loire-Atlantique) qui retrouve peu à peu la tranquillité après les terribles années de guerre civile de 1793 et 1794. Se destinant à une carrière médicale, à partir de 1813, il passe quinze mois à l'hôpital civil et militaire de Nantes comme étudiant. 

             Tiré au sort lors de la conscription, le 26 octobre 1813, il sollicite une place de chirurgien sous-aide dans les armées de l'Empereur. Il obtient l'appui du préfet de Loire-Inférieure qui fait valoir les nombreux services rendus à l'Empire par son père, maire de la commune de Vieillevigne. Le préfet bloque son départ aux armées en attendant un avis favorable à cette demande de poste dans le service de santé des armées. Sans cela, Stanislas-Marie aurait dû intégrer un bataillon comme homme de troupe. Le docteur Darbefeuille chirurgien en chef de l'hôpital de Nantes lui apporte aussi son soutien : "Mr De Lavauguyon a toujours montré le plus grand désir de s'instruire, sa conduite et ses moeurs l'ont fait distinguer honorablement parmi ses condisciples". Le 18 mars 1814, les professeurs des cours d'instruction médicale établis à l'Hôtel-Dieu de Nantes (Blin, Richard de la Vergne, Lafond, Cochard et Darbefeuille) lui accordent le certificat suivant : "M. Stanislas Marie De la Vauguyon élève de cet hôpital est un de ceux qu s'est fait le plus distinguer par la bonne conduite, son application et son aptitude aux leçons des professeurs et au service des malades ; qu'il joint à des dispositions très marquées pour le genre d'études auquel il s'est livré, un esprit sage beaucoup de zèle et une ardeur infatigable à s'instruire. Nous ne doutons point qu'il ne puisse être employé très utilement dans les hôpitaux militaires ou dans les ambulances de l'armée".

            Le 21 mars 1814, le ministre directeur de l'Administration de la Guerre le nomme chirurgien sous-aide aux hôpitaux militaires de Tours. Mais le 11 avril, le traité de Fontainebleau met fin à l'Empire et expédie Napoléon à l'Ile d'Elbe. La démobilisation renvoie Stanislas à ses études nantaises après une courte période militaire.

            En 1816, Stanislas-Marie est toujours élève en médecine. Il est reçu officier de santé à Nantes en 1817. Puis, il vient s’installer à Vieillevigne comme "chirurgien", titre que la population locale continue d'attribuer aux officiers de santé. En 1821, le maire de Vieillevigne fait remarquer à l’administration du bureau de l’Intérieur, l’oubli de celui-ci sur la liste des médecins et officiers de santé ayant droit d’exercer dans la commune. L’erreur sera rectifiée par un additif au tableau de la liste supplémentaire qui paraîtra fin 1821. Stanislas est chargé des vaccinations contre la variole. Mais entre le 27 juillet et le 31 décembre 1821, seuls sept enfants de Vieillevigne et de Mormaison bénéficient de la vaccine, en raison semble-t-il du défaut d’informations des familles quant aux dates de permanences. C’est pourquoi le 16 avril 1822, il sollicite le maire Le Maignan, ennemi politique de la famille, pour qu’il suggère au curé de la paroisse d’annoncer au prône de la messe, les dates des jours de vaccination.

                Il quitte Vieillevigne et après quelques années passées aux Sorinières (alors village de la commune de Vertou) puis à Nantes, comme chirurgien, rue des Chapeliers dans le troisième canton (1828, 1829) il choisit de s’installer à la Haie-Fouassière pour y exercer son art. Alors qu’il est âgé et bien que n’étant qu’officier de santé, il adhère dès 1861 à la jeune Association Générale des Médecins de France, qui veut proposer la parution d’articles sur l’évolution de la médecine et souhaite mutualiser le corps médical.

            Comme son père et son frère Constant, Stanislas devient élu municipal. Maire provisoire de la Haie-Fouassière depuis le mois de mars 1834, il est nommé officiellement le 14 novembre 1834 et jure fidélité au Roi des Français et obéissance à la Charte Constitutionnelle. Il démissionne en août 1840 laissant la fonction à Jean Gabory. Il ne quitte pas le Conseil municipal et occupe le poste de secrétaire lors des délibérations. Le 8 septembre 1844, il réintègre la fonction de maire pour la conserver jusqu’au 9 octobre 1848. Début 1848, Louis-Philippe démissionne permettant la création de la Seconde République. Stanislas doit alors affronter la fronde d’une grande partie de ses conseillers qui refusent de siéger lors des séances municipales. Le 16 mars, avec les trois conseillers restants, il démissionne les huit récalcitrants nostalgiques de la Royauté. Nommé maire par intérim, c’est lui qui le 9 octobre 1848, « au nom de la République Française, des Liberté, Egalité et Fraternité », installe le nouveau maire républicain André Giraud. Il reprend alors ses fonctions de secrétaire du conseil qu’il va régulièrement occuper jusqu’à son décès, cumulant trente-cinq années au service de sa commune, de la Monarchie Constitutionnelle au Second Empire.

            A la Haie-Fouassière, il demeure dans son manoir du XVIe siècle au Patisseau où il meurt le 11 juin 1869, âgé de 73 ans. Par son mariage le 7 février 1822 à Nantes avec Félicité Désirée Mesnil fille d’un négociant nantais, Stanislas va assurer seul la descendance de la branche vieillevignoise. Parmi les témoins de son mariage, on remarque Roumain du Plessis. Six enfants naîtront de cette union entre 1822 et 1834 :
1. Constant Félix Stanislas : 19/11/1822 – 16/01/1865,
2. Jean Baptiste Antoine Alfred : 18/08/1824 – 15/12/1888,
3. Louise Anne Félicité Eudoxie : 16/01/1826 - ?,
4. Amélie Zoé : 04/07/1828 - 1896,
5. Félicité Pauline : 22/06/1829 – 13/05/1830,
6. Claire Joséphine : 11/11/1834 – 28/10/1903.

            Stanislas Marie Delavauguyon apparaît être comme son père, un homme discret. Dévoué à ses patients comme à ses concitoyens, il est ouvert au progrès de la science et de la société, sans esprit d’animosité ni de préséance. Qualifié comme son frère Constant par ses amis Guéraud, de « bon patriote », il s’accommode des différents régimes politiques que l’histoire va lui imposer.

samedi 6 avril 2013

La difficile introduction du vaccin antivariolique à Vieillevigne

La difficile introduction du vaccin antivariolique à Vieillevigne, Bulletin Municipal de Vieillevigne, Novembre 2009, Docteur Dominique Tétaud.
 
La difficile introduction du vaccin antivariolique à Vieillevigne.

            Stanislas-Marie DELAVAUGUYON, le dernier fils du notaire vieillevignois Luc-Antoine-Valentin DELAVAUGUYON, comme son grand-père embrasse la carrière de chirurgien. Né à Vieillevigne le 25 septembre 1795, après des études médicales à Nantes, il devient officier de santé vers 1821, dans sa commune natale. Plus jeune et sans doute plus au fait des nouveautés médicales que l’autre chirurgien vieillevignois René-Marie HARDOUIN, on va le charger de réaliser dans la commune les vaccinations contre la variole.
L’équivalent de notre DASS actuelle, lui demande en 1822 d’établir un état nominatif des enfants vaccinés en 1821. Stanislas dresse un tableau qui regroupe sept enfants tous âgés de moins de deux ans, cinq sont vieillevignois, les deux autres sont de Mormaison. En regard du nombre de naissances à Vieillevigne qui était de 177 en 1821, cela fait bien peu d’adhésion à cette prévention. C’est pourquoi, Stanislas écrit cette requête au maire de Vieillevigne Le MAIGNAN de l’Ecorce le 16 avril 1822 :
            « Monsieur le Maire,
J’ai l’honneur de vous adressez l’état nominatif des enfants que j’ai vacciné dans l’année 1822. Le nombre en est bien peu considérable sans doute, mais cela ne provient que de la difficulté de faire savoir les jours fixés pour cette légère opération, seul préservatif cependant d’un fléau destructeur. Si, monsieur le Maire, vous invitiez vous-même M.M. les ecclésiastiques de cette commune, a en faire la publication au prône de la messe paroissiale, il me semble que ce serait le seul moyen de propager la vaccine, et de voir peu à peu s’anéantir la petite vérole.
J’ai l’honneur d’être avec votre respect, Monsieur le Maire, Votre très humble et très obéissant serviteur
DELAVAUGUYON chirurgien. »
           
            Les moyens de communication sont réduits à cette époque de la Restauration, et seul le prône de la messe dominicale permet d’informer les nombreux habitants des villages. De plus, le petit clergé est réticent aux nouveautés que le dynamisme post-révolutionnaire à susciter. On considère les épidémies comme « des châtiments mérités par les pêcheurs ». L’évêque de Nantes sur la demande du Préfet, adresse à ses curés le 25 juillet 1825 une circulaire destinée à être lue en chaire afin d’annoncer le passage du vaccinateur ; mais les desservants passent souvent outre.

            Stanislas quitte Vieillevigne d’abord pour les Sorinières puis Nantes et s’installe définitivement vers 1830 à la Haie-Fouassière où il exerce l’art de chirurgie et la fonction de maire. Il meurt en 1869, un an avant le désastre de Sedan où Napoléon III et l’armée française subissent une cuisante défaite signant la fin du Second Empire. S’ajoute à la déroute une épidémie de variole dans les rangs français. La mortalité y sera dix fois plus élevée que dans l’armée prussienne qui avait pris la précaution depuis quelques années de vacciner ses soldats. Les militaires issus de l’Ouest de la France qui avait récusé la vaccination sont les plus atteints par la variole hémorragique.

            La Troisième République en tire lentement les conséquences et se décide en 1883 à vacciner de façon obligatoire les militaires puis les enfants de l’école publique. La généralisation viendra plus tard. Le 29 octobre 1979 grâce à la vaccination systématique, l’OMS déclare la variole éradiquée de la surface de la terre, soit près de deux siècles après la découverte de la vaccine le 14 mai 1796 par l’anglais Edward JENNER.
           
            Le passé nous renvoie toujours à notre présent, en l’occurrence à cette période de pandémie grippale qui sévit depuis quelques mois. Si le manque de communication et d’informations était de mise au XIXe siècle, c’est maintenant le déferlement médiatique d’informations et de désinformations qui nuit à notre jugement. Etre ou ne pas être vacciné ? Etre contaminé et être contaminant ? Etre vacciné pour se protéger personnellement et ou protéger son entourage de la contamination ? Dilemme entre prévention individuelle ou collective ? Beaucoup de questions que nous ne devons pas éluder car nous avons tous l’obligation d’y répondre pour soi, et pour ceux que l’on côtoie. Stanislas-Marie DELAVAUGUYON serait sans doute heureux de savoir qu’il a participé modestement bien que sans doute insuffisamment à son goût, à l’éradication de la variole.

 

dimanche 24 mars 2013

Rôle d'équipage du corsaire nantais Le RHUITER




Je recherche toutes informations sur les courses du corsaire nantais LE RHUITER en 1798, et plus particulièrement sur le chirurgien qui officiait sur ce bateau. Vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : dominique.tetaud@wanadoo.fr

Voici le relevé du Rôle d'équipage relevé aux Archives départementales de Loire-Atlantique
sous la cote : 7 R 1 art. 1459, l'orthographe du document a été conservée en l'état.



Inscription maritime XIXe et XXe siècle

Département de Nantes, Quartier de Nantes N° 4
Le corsaire Le Rhuiter allant à en course
Armement au mois 179
N°14
Role de l’Equipage du Corsaire Le Rhuiter construit à Nantes en 1797 du port de 150 Tonneaux, armé de 2 canons de 12, 12 de 6, 2 de 18, percé pour       , tirant d’eau, chargé 11 pieds, et non chargé 9 pieds, 1 Pont,  … Gaillard ; appartenant aux citoyens ROUSSEAU la BROSSE et P.GUESDON, armé à Nantes par les dits, sous le commandement du capitaine Barthélémy BENOIST pour aller à en course pendant 90 jours avec les accomptes d’avances sur les prises, qui doivent courir du jour de la Sortie dudit Bâtiment.

En marge :
Le 5 Brumaire an 6 ; N° 4
Sorti de Mindin le 12 Brumaire an 6, rentré audt le 24 frimaire, a fait 2 prises la 1e à la Rochelle et la Sde à la Flotte, signé Vanale
Ressorti le 6 pluviose an 6, rentré le 29 ventose suivant et désarmé, signé  PHEBOSE
Partis de Mindin le 12 Brumaire an 6, rentré au dit le 24 frimaire suivant, a fait deux prises dont l’une à la Rochelle et l’autre à la Flotte Isle de Rhé.

Reçu l’instruction pour la course le 9 Brumaire 6, signé B. Benoist


Noms, surnoms, demeures et qualités
Age,
Taille
Et Poil
Qualités
Et soldes
Au service
Du Roi
Classe
Folio
Et Numéros
Soldes
Par
Mois
Avances
Pour
mois

Etat Major






Barthelemy BENOIST de Nantes, capitaine
37
Ens non E
F° 52


Vû le 17 gal et congédié de l’agrément du cne ROUX
J.P. CHESNEAU des Moutiers, 2d capitaine
42
Ens non E


200 #
Vû le 18 gal et congédié id
Fois BOUGLE de Nantes, 1er lieutenant
44
Ens non E
F° 37

160 #
Vû le 18 gal et congédié id
P.J.B. ROUSSEAU de Nantes, 1er lieutenant
29
Ens non E
s f°

160 #
N’embarque pas
J.J. BARBIER de Nantes, 2d lieutenant
24

S f°


Sur la Drionde débarqué le 24 Nose an 6 de gré à gré avec le Capne étant malade
Prudent BIGOT de Nantes, 2d lieutenant
31
Ens non E
301 2 …

120 #
Cée sur le Mirurge, sur le James, présent
Clde Glle MAITERIE de St Brieuc, 2d lieutenant
30
Ens non E
S

120 #
Sur la Driande, sur le James, présent
Binjm MERLAND de la Cheze dépt Vendée, Cn d…, fait enseigne avant le départ
25
Ens non E
f.f°

120 #

François THIBAUD de Nantes, enseigne
32

S. G.

72 #
Débarqué de gré à gré me 12 Nose an 6 chirurgien
Charles BAUDRY, Machecoul chirurgien
46

S. G.

120 #

M. DECOUANNE, Gand, interprête
28

S. G.

120 #
Débarqué à Nantes le 18 Nose an 6 de gré à gré
Pierre GRY,  de Machecoul, écrivain
21

S. G.

120 #











































jeudi 27 décembre 2012

La Légion d'honneur d'Auguste Baudry en 1814



La première légion d’honneur vieillevignoise.

La légion d’honneur fut créée sous le Consulat par Napoléon BONAPARTE le 26 floréal An X (19 mai 1802). Le Premier Consul souhaitait la création d’un ordre national « qui soit le signe de la vertu, de l’honneur, de l’héroïsme, une distinction qui serve à la fois à la bravoure militaire et au mérite civil ». Le 14 juillet 1804 eut lieu la première remise.

Le premier vieillevignois à obtenir le titre de chevalier de la légion d’honneur s’appelle Auguste BAUDRY. Il naît dans le bourg de la commune le 8 mars 1788, fils du docteur en médecine Charles René Augustin BAUDRY et de Jeanne Marie THOMAS de la Coursaudière. Toute la bourgeoisie locale est présente à son baptême comme en témoignent les signatures de GOBIL, des GUERAUD ,des notaires DELAVAUGUYON et THOMAS. Son père, ancien chirurgien vieillevignois, vient d’obtenir son diplôme de docteur en médecine et s’est installé récemment à Machecoul pour y exercer son art. Sitôt la naissance d’Auguste, la famille déménage pour Machecoul où son demi-frère Stanislas BAUDRY est déjà collégien.

Mais la Révolution vient bousculer l’installation de cette famille dont le père s’affiche comme républicain. L’insurrection contre-révolutionnaire des « paydrets » le 10 mars 1793 précipite Charles René Augustin BAUDRY dans les geôles de la ville sous les ordres de SOUCHU. Machecoul libérée par les républicains, le docteur BAUDRY se réfugie à Nantes où Auguste va passer sa jeunesse.

A l’instar de son père qui va servir comme officier de santé dans l’armée de l’Ouest et de ses frères Stanislas, Prosper et Théophile qui vont s’engager dans les armées soit républicaines soit impériales, Auguste entre au 88ème régiment de ligne le 11 janvier 1807, en qualité d’enrôlé volontaire. Il prend part aux campagnes de 1808 à 1813 en Espagne où il est blessé à plusieurs reprises et fait prisonnier de guerre à la Redoute des Signaux le 10 novembre 1813.

Libéré, il rentre en France le 9 juin 1814 et prend part à la campagne de Belgique de 1815. Grâce à ses états de service, il est nommé chevalier de la légion d’honneur le 2 novembre 1814 en qualité de sergent major des grenadiers du 88ème régiment d’infanterie. Il devient ainsi le premier vieillevignois de naissance à obtenir la distinction suprême.

On perd alors toute trace de ce héros local. Puis il réapparaît dans la cité nantaise en 1851. Il arrive tout droit de Géorgie (Etats-Unis) pour régler la succession de sa sœur Henriette et de son frère Théophile dont il est pour parti héritier. Logé chez la fille de son demi-frère Stanislas BAUDRY, il profite de sa présence en France pour revendiquer son titre de chevalier de la légion d’honneur. Il devra prouver par acte de notoriété qu’il est bien le Auguste BAUDRY honoré le 2 novembre 1814. A cette époque de nombreux états-uniens usurpaient l’identité de français pour obtenir la fameuse reconnaissance nationale.

Auguste obtient ainsi la confirmation de son titre acquis et la médaille de Sainte-Hélène attribuée par Napoléon III à tous les survivants des armées de la République et de l’Empire. En décembre 1851, il repart en Amérique avec ses précieuses médailles. Mais d’où venait-il exactement ?

La Restauration de 1815 étant peu propice aux serviteurs de l’Empire, Auguste après un court passage chez son père devenu médecin à Herbignac, s’embarque pour les Etats-Unis. Il accoste probablement via les Caraïbes dans le port de Savannah en Géorgie. Puis il gagne rapidement la ville d’Augusta située dans le même Etat où il se marie en 1818 à Sophie Adèle TARDY qui donnera naissances à deux filles. Veuf, Auguste épouse Elisabeth OLIVER avec laquelle il n’aura pas d’enfant.

Devenu médecin, il va exercer comme « physician » à Augusta City jusqu’à sa mort le 18 août 1865. Il possédera jusqu’à seize esclaves noirs dans cette contrée sudiste. Auguste décède quelques mois après la fin de la Guerre de Sécession à laquelle vu son âge de 77 ans, il n’a pas pu participer directement. Dans quel camp se situait-il ? Avait-il gardé ses idées républicaines et rejoint les anti-esclavagistes ?

N’ayant pas eu de fils, son nom aurait pu disparaître, mais son petit-fils Augustus BAUDRY MOORE devint un juge célèbre de Savannah et fut le trésorier de l’Evéché. Grâce sans doute à la notoriété du grand-père et de ce juge, plusieurs générations vont garder la mémoire des BAUDRY en portant le nom de BAUDRY MOORE. De nos jours, des descendants de notre vieillevignois portent encore ce patronyme à Savannah et Augusta et l’un d’entre eux garde certainement dans un tiroir ou accrochées à un mur les décorations de leur ancêtre.

On sait que Marion BAUDRY MOORE en était la propriétaire en 1948 puisqu’elle sollicita la Grande Chancellerie pour obtenir un certificat d’authenticité. Il reste maintenant à prendre contact avec cette descendance pour mieux connaître l’histoire américaine de ce compatriote qui fut le premier de sa commune à recevoir les honneurs de la France moderne.

Dominique TETAUD
Association Généalogique des Marches Vieillevignoises.